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22/11/2011
28/09/2010
Barren (Eric Lafalaise, 2010)
Blessid is the tree
That bears fruit
For it does not know
The sorrow of the barren
La guitare (Éric Lafalaise, 2010)
Écoutez,
J’entends sa voix,
Je sens ses doigts sur les miens
Elle est électrique
Et je joue à mon grand contentement.
Female nude (Eric Lafalaise, 2010)
I’m a ball of emotions
Skinless and bare
I feel, but to immense woe,
That which is within me.
It irradiates outwards
Like a wave of steam
In a condensing entropy
Laughing away my attempts at cool.
And I look away.
Haïti pleure (Éric Lafalaise, 2010)
Pa gade’m konsa
La pli pa lave chagrin
Pa gade’m konsa
Labou fè pye pi lou
Pa gade’m konsa
Si ou pa konn respire, pa al aprann mache
Pa gade’m konsa
Bon dye gin yon zye pou malere
Les mains du destin (Éric Lafalaise, 2010)
Immatérielle
Hagarde
Fugace
Somptueuse
Élégance
Volante
Écarquillés
Invisible?
Souriante
Volupté
Énergumène
Lèvres
Béant
Glissant
Pourriture
Touche
Déchirure
Forme
Volonté
Rêver
Fin
Le cocotier (Éric Lafalaise, 2010)
La nuit survient sans crier gare.
Une brise, souple et fine, chatouille mon corps,
Balançant la mer dans tous les sens.
J’entends les zandolits filant dans la nature,
Les sauterelles, chantant à leur grande désinvolture,
Les vagues et leurs derniers soupirs sur la côte.
L’air marin colle à ma peau.
Ma gorge crie de sécheresse, mais la fatigue supplante vite cette envie.
Ma tête s’élève vers le ciel surchargé d’étoiles.
Elles frissonnent, m’appelant au vide infini.
Je peux presque les toucher, ma main étirée au loin,
Me hausser parmi les constellations
Chevaucher la baleine, nager au sein de l’Éridan
Apprendre à être un héros, un personnage mythique
Issu d’une grande lignée de rois marins ou de Bantu farouches
Digne de légendaires épopées et de chansons lyriques.
Mon épée, ma lance, à la main, je m’acharnerais contre tout ennemi
Menaçant la sécurité et l’avenir de ma famille, de ma patrie, Terrassant de coups d’une force surhumaine
Les attaques incessantes de l’armée adverse,
Léguant à mes enfants et les leurs un avenir prospère
Et la fierté d’une Nation.
Mon rêve s’estompe ; mes yeux tombent sur terre
Je regrette immédiatement mon élévation céleste, si haletante
Et je maudis l’implacable réalité de la réalité.
Ma gorge, toujours sèche, implorant délivrance,
J’escalade un des cocotiers, armé d’une machette rouillée
Délivrant l’un des fruits des bras de son géniteur.
Agrippant la coquille de mes deux mains,
Je m’empresse de l’ouvrir et de boire,
Me remémorant mon ascension, son jus désaltérant devenant Ambroisie chaude
J’espère, contre toute vraisemblance,
Que la Providence saura exaucer mes chimères.
La déesse du vent (Éric Lafalaise, 2010)
O terre sainte, O noble demeure
Comme je t'envie
Ces hommes, ces femmes, ces enfants au cœur
Digne et nanti
Déplacés aux cinq coins du monde
Dénigrés, moqués,
Chantant et dansant, à la main une fronde
De désirs altiers
O nation historique, O riche patrie
Implacablement assaillie
La Providence ne saurait pour plus longtemps
Arracher les ailes des malfinis
Tel un essaim, ils retourneront à leur reine
Optimiste, déterminés,
Chantant et dansant, leur volonté la graine
Du tronc Destinée
Et lorsque tu prendras ta place au Panthéon
Lorsque tu vivras à la hauteur de ton nom
J'irai, sans plus hésiter,
Me prosterner a tes pieds,
O mère, O source adorée
Comme je t'envie
Ces hommes, ces femmes, ces enfants au cœur
Digne et nanti
Déplacés aux cinq coins du monde
Dénigrés, moqués,
Chantant et dansant, à la main une fronde
De désirs altiers
O nation historique, O riche patrie
Implacablement assaillie
La Providence ne saurait pour plus longtemps
Arracher les ailes des malfinis
Tel un essaim, ils retourneront à leur reine
Optimiste, déterminés,
Chantant et dansant, leur volonté la graine
Du tronc Destinée
Et lorsque tu prendras ta place au Panthéon
Lorsque tu vivras à la hauteur de ton nom
J'irai, sans plus hésiter,
Me prosterner a tes pieds,
O mère, O source adorée
Balais (Éric Lafalaise, 2010)
Ma grand-mère était gracieuse. Chaque matin de mes vacances, elle me réveillait en caressant mon visage.
Sa peau, rauque et ridée, grattait brièvement mon épiderme et j'ouvrais lentement les yeux, les sons de cloches de la grande église et le brouhaha des marchands se dirigeant vers le marché au loin.
Il est vrai que je détestais alors la province, si loin de ma vie protégée à Port-au-Prince, sans mes affaires, mes amis et mon confort. Je ne le réalisais pas à l'époque mais le village simplifiait une simple existence.
Ma grand-mère me traînait, mon repas terminé, vers la cour extérieure et je la regardais tisser, d'une main ferme et contrôlée, des pailles autour d'un long bâton en bois. De temps à autre, elle se retournait vers moi pour me sourire et j'oubliais ma lointaine vie citadine.
A sa mort, après l’enterrement, entrant dans la cour vêtu de mes meilleurs habits, humides et collants de sueur et de poussière, j'apercevais un agglutinement de balais amarrés d'une mince corde en paille, les dernières créations de ma grand-mère et je réalisais á cet instant qu'elle n'était plus ici. Je ne la reverrai plus; elle ne me réveillera pas le matin en caressant mon visage de ses mains douces et chaudes; je ne la regarderais plus tisser ces balais, avec art, avec aise, émerveillé par sa dextérité.
Le voisin passa récupérer les balais et lorsqu'ils disparurent de ma vue, seuls vestiges de ma grand-mère, je ne pouvais plus retenir les larmes.
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